Confidentialité, sécurité et Réseaux sociaux

"Lorsque l'on se balade sur Facebook, il faudrait toujours inscrire au dessus de son ordinateur un avertissement : "tout ce que j'inscris ici tombe dans le domaine public !" [...] car sur Facebook il n'y a aucune confidentialité" Serge Tisseron, auteur de "Virtuel, mon amour" met les internautes en garde 22. Les réseaux sociaux sont en théorie des espaces privés, il faut être ami avec la personne pour accéder à son profil et voir les diverses informations le concernant.

Toutefois, la confidentialité est très relative. Le nombre de possibilités d'accéder aux informations de quelqu'un sans être son ami sont élevées. De plus, il n'est pas nécessaire d'avoir des connaissances accrues en informatique pour s'infiltrer. La facilité d'accès à un profil est relative aux paramètres 23 de sécurités que l'utilisateur aura configurés.

Pour accéder aux informations de quelqu'un, la méthode la plus simple est de lui demander de devenir son ami. Il y a de fortes chances pour que la personne accepte l'invitation, pour au moins l'une des raisons suivantes :

  • Tout simplement pour se créer un nouveau contact, ou peut-être une opportunité professionnelle
  • Pour collectionner des amis (très répandu chez les jeunes qui comptent parfois plus de
  • 500 amis)
  • Dans le doute qu'il s'agisse d'une personne dont elle ne se souvienne pas
  • Pour pouvoir accéder au profil du demandeur et voir de qui il s'agit
  • Par curiosité (beaucoup de jeunes avouent accepter les personnes de sexe opposé "plutôt jolies")
  • Ou parfois encore, à cause d'une erreur de manipulation

Deuxième méthode, tout simplement se connecter par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre. Si vous recherchez des informations sur votre ex-femme, il est fort probable qu'elle soit amie avec quelqu'un de votre entourage.

Troisième méthode pour accéder cette fois uniquement aux photographies de la personne : si cette dernière fait partie d'un groupe Facebook, par exemple "Université Lausanne", il suffit d'aller regarder les photos du groupe sur lesquelles elle est présente. Les groupes étant pour la majorité publics, les images qui y sont publiées sont visibles par tous.

Quatrième méthode, par l'intermédiaire d'amis. Certains utilisateurs configurent leur compte pour qu'il soit accessible par "les amis de mes amis".

Certains comptes ne sont même pas fermés au public, dans ce cas, il suffit d'y accéder en tapant le nom de la personne dans Google ou directement sur Facebook. Cas plus rare, il arrive que des photos Facebook soient reprises sur des blogs publics, par exemple lorsqu'elles sont insolites ou qu'il s'agit de clichés aguicheurs. Toutes ces raisons expliquent pourquoi les spécialistes insistent bien sur le fait que les réseaux sociaux ne peuvent pas être considérés comme privés ou confidentiels.

Sécurité des réseaux sociaux

Le gouvernement britannique a commandé une étude sur la sécurité des réseaux sociaux (particulièrement Facebook et MySpace) pour la campagne "Get safe online" 24 (Surfez prudemment). Elle démontre qu'un quart des utilisateurs britanniques de ces sites révèlent des informations personnelles (coordonnées, date de naissance...) sur leurs profils en ligne. 34% des 18- 24 ans révèlent même des informations considérées comme susceptibles d'être utilisées "à des fins criminelles". 15% des utilisateurs n'utilisent aucun des outils de confidentialité des informations offerts par le site (par exemple la limitation des personnes qui peuvent accéder au profil), et 24% utilisent le même mot de passe pour tous les sites.

"Même si certaines de ces informations semblent inoffensives, elles fournissent en fait un riche matériel pour les criminels", explique Tony Neate, responsable de la campagne d'information. "Votre date de naissance et l'endroit où vous vivez sont suffisants pour que quelqu'un obtienne une carte bancaire à votre nom".

L'étude analyse également les motivations des internautes connectés sur le site : 29% recherchent des informations sur leurs anciennes relations amoureuses (39% chez les 25-34 ans) et une personne sur trois, des informations sur son patron, ses collègues ou un candidat à un emploi.

Qu'il s'agisse d'un Curriculum Vitae, d'un blog, d'un profil Facebook ou d'une intervention sur un forum de discussion, toutes ces données se référant à un individu, construisent son identité numérique de laquelle découlera la réputation numérique.

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A propos de l'auteur

Noam Perakis

Noam Perakis est un entrepreneur suisse co-fondateur et responsable marketing de RC-TECH Sàrl depuis 2007. Parallèlement, il est responsable de projets au sein de l'association COTESCENE spécialisée dans la production événementielle.

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