NDD Camp 2016 et marché des noms de domaine en France

J’ai eu la chance de pouvoir interviewer David Chelly, spécialiste français des noms de domaine dans le cadre du prochain NDDcamp.

Cet événement, unique en France, dédié aux noms de domaine se déroulera le 16 Juin prochain, (jour de la saint Aurélien) à Paris.

Qu’est-ce que le NDD Camp ?

NDD Camp 2016

David Chelly : Le NddCamp est un événement annuel réunissant des personnes provenant d’horizons variés et dont le point commun est d’utiliser les noms de domaine de manière professionnelle. La prochaine édition du 16 juin 2016, qui se tient à l’ESSCA Paris, comprend une conférence introductive sur la question de l’importance du nom de domaine pour la stratégie de marque, puis plusieurs ateliers organisés simultanément tout au long de la journée, et que les participants peuvent choisir en fonction de leurs spécialités et de leurs centres d’intérêt.

L’événement vise à susciter les échanges et les rencontres. Pour ce faire, de nombreuses plages horaires sont prévues pour se restaurer, discuter autour d’un verre et de petits fours ou visiter les stands des sponsors.

Qui peut être intéressé par cet événement ?

David Chelly : Divers métiers sont concernés par les noms de domaine. Au NddCamp, ce sont les référenceurs qui sont les plus nombreux, ceux-ci étant à la recherche d’informations et de conseils sur des thèmes comme les noms de domaine expirés ou l’impact des nouvelles extensions pour le référencement. On compte également une part importante de consultants en tous genres : propriété intellectuelle, agence web, business angels, naming et branding, etc. Ceux-ci viennent s’informer des nouveautés du secteur.

Les gestionnaires de portefeuilles de noms de domaine, en poste en général dans de grandes entreprises, apprécient l’événement pour affiner leur stratégie de protection des marques et trouver des réponses à des questions concrètes comme : « dans quelles extensions est-ce que je dois protéger ma marque ? », « Que faire en cas de cybersquatting ? », etc.

Lors de la 1e édition, nous pensions accueillir des bureaux d’enregistrement de noms de domaine, mais hormis OVH, qui sponsorise l’événement avec l’AFNIC et Sedo, quasiment personne parmi les leaders ne s’est déplacé. Ca n’est au final qu’une demi-surprise car les bureaux d’enregistrement en France ont choisi de miser exclusivement sur le marketing pour faire face à la très forte concurrence, délaissant le travail de veille et de formation. C’est une des raisons pour lesquelles les registrars présents en France et visant le grand public offrent, à mon avis, un service de rapport qualité-prix beaucoup plus faible que leurs concurrents internationaux..

NDDCamp 2015

Le dernier type de public concerné par l’événement est celui des domainers, mais ceux-ci sont absents de l’événement, car il s’agit d’une espèce en voie d’extinction. Malgré tous les mythes et fantasmes qui existent sur le domaining, il n’y a pas plus d’une poignée de personnes dont l’achat et la vente de noms de domaine en français est l’activité principale.

Je n’en connais personnellement qu’une, Philippe Franck, avec qui je co-organise l’événement, mais son activité inclut d’autres services comme la récupération de noms de domaine et le brokering. Les meilleurs noms de domaine en France sont aujourd’hui entre les mains d’une trentaine de personnes environ, qui ont toutes mis en veille leur activité. Elles effectuent des ventes lorsqu’elles sont sollicitées et que le prix leur convient, mais plus personne ne se positionne en tant qu’acheteur sur le marché.

david chelly et Philippe Franck

Il existe également un nombre assez stable dans le temps de personnes qui se disent domainers, car elles ont enregistré des centaines ou des milliers de noms de domaine en espérant les revendre, mais on ne les voit jamais plus qu’un an, le temps que survienne le moment des renouvellements et la confrontation à la réalité du fiasco de l’opération.

La frontière entre cette catégorie de domainers et les cybersquatteurs est assez étanche, si ce n’est que le cybersquatting a pu être très rentable par le passé. Mais c’est une activité dont la profitabilité s’est effondrée et qui est techniquement impossible à pratiquer de manière durable en France. Ces personnes, si elles existent encore, ne sont certainement pas nombreuses et, dans tous les cas, pas bienvenues au NddCamp.

Comment se porte le marché des noms de domaine en France ?

David Chelly : Je dirais que le marché francophone des noms de domaine est définitivement mort il y a environ trois ans, avec l’arrivée de Panda et Pingouin. C’est à peu près la même situation dans le reste du monde, même si quelques résistants, notamment Américains, manient à merveille le storytelling pour donner de la visibilité à quelques superbes ventes, réelles ou bidon, et faire croire que les noms de domaine sont encore des actifs recherchés.

La situation est paradoxale, car acheter un nom de domaine sur le second marché est très cher, mais dans le même temps, la demande est trop faible pour que des acteurs économiques puissent se spécialiser dans la vente de noms de domaine. Cet état de fait provient du déséquilibre structurel entre l’offre et la demande. Les offreurs de noms de domaine possèdent en général des portefeuilles de plusieurs centaines, milliers ou dizaines de milliers de noms de domaine, pendant que les acheteurs n’ont en général besoin que d’un seul nom de domaine.

Cela n’a pas toujours été le cas. Il y a une dizaine d’années, un investisseur en nom de domaine n’avait pas besoin de vendre beaucoup de noms, car le parking permettait de couvrir au moins une partie des frais d’enregistrement. Après l’effondrement des revenus du parking, à cause de la baisse des taux de clics et de la perte de visibilité des pages dans Google, il était encore possible de rentabiliser des portefeuilles de noms de domaine avec les MFA et autres minisites.

Et tant que les noms de domaine EMD possédaient un avantage pour se positionner dans Google, les éditeurs de sites en achetaient régulièrement aux domaineurs, en vue de les développer et de les monétiser.

Désormais, et depuis quelques années déjà, la seule raison d’acheter un nom de domaine est car celui-ci nous plaît, en général en vue d’un développement ultérieur. Mais en pratique, les éditeurs de sites ne savent pas où ni comment acheter un nom de domaine sur le second marché et se tourneront presque toujours vers un nom de domaine disponible. Ce qui est généralement une mauvaise idée, car un nom de domaine efficace et qui se retient facilement n’est en principe pas disponible à l’enregistrement.

Il est plus logique de dépenser en amont dans l’investissement dans un nom de domaine, plutôt que de devoir ensuite accentuer les efforts de communication pour un mauvais nom de domaine. Mais les domainers n’ont pas réussi à structurer une offre simple, lisible et transparente, si bien que même les agences et autres conseils en webmarketing préfèrent ne pas s’enquiquiner avec l’achat d’un nom de domaine et conseillent à leur clients d’opter pour des noms de domaine disponibles.

Est-ce qu’il est encore possible de s’inscrire ?

David Chelly : L’inscription est encore possible et le sera jusqu’aux derniers jours précédant l’événement. L’Institut du Marketing Digital de l’ESSCA Paris, qui est partenaire de l’événement, a mis à notre disposition de nombreuses salles et amphis le jour de l’événement, si bien que nous ne sommes pas limités par des problèmes de place. A noter que l’inscription est gratuite, restauration comprise, mais qu’elle est réservée aux professionnels de l’internet.

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Merci David, d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

J’ai eu l’occasion de participer à la première édition et j’avais vraiment adoré notamment des échanges passionnants pendant les pauses. C’est donc avec plaisir, que nous avons participé au sponsoring de l’événement via notre logiciel SEO Oseox Monitoring.

A retenir

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A propos d'Aurélien Bardon

Editeur d'Oseox.fr, Aurélien Bardon est un passionné du web. Après avoir évolué en agence et chez l'annonceur, il fonde en 2009 l'agence Aseox.

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