PBN, TrustFlow, Position 0… : Je m’en fous

Tout d’abord, je tiens à vous garantir que le titre de ce article n’est pas un titre Putaclic.

Je vais vraiment développer dans ce billet, l’idée qu’il est possible de faire du référencement intensivement sur de nombreuses typologies de sites tout en n’en ayant rien à faire des réseaux privés de blogs, de certains indicateurs comme le Trustflow ou bien encore de la position 0…

Je me bats à longueur de journée contre des décideurs, marketeurs, techniciens, consultants qui pensent qu’un bon site c’est déployer tous les trucs à la mode

PBN,  TrustFlow, Position 0 et référencement

Utiliser la dernière techno tendance : Nodjs

Utiliser le gros CMS e-commerce à la mode : Hybris (pour faire comme mon concurrent)

Utiliser le design du moment : « Onepage » car il suffit de scroller pas besoin de cliquer ! (génie) et tu obliges bien l’internaute à lire ce que TOI tu veux dans l’ordre que TOI tu veux (cela n’est pas français mais cela est volontaire)

Utiliser les derniers effets : Je mets du javascript partout, ça va aller plus vite on ne recharge pas toute la page ! (LOL, au fait quelqu’un a remarqué que l’on ne peut même plus accéder au footer et qu’en fait le site est ultra lent à cause des 24 fichiers JS inclus ?)

Bref, la mode et le web, cela fait rarement bon ménage. Bien sûr quand on est une agence de com, de marketing, de développement ou je ne sais quoi, c’est plus facile de gagner un appel d’offre, cela permet de faire rêver, de vendre une histoire, de se différencier. C’est très rentable pour les prestataires.

Mais concrètement, la plupart du temps, cela revient à faire n’importe quoi. C’est de la masturbation entre professionnels gens du web (dont je fais parti)

L’internaute s’en fiche totalement. Lui il veut juste que cela soit simple et rapide. Qu’il puisse trouver l’info qu’il cherche et faire ce qu’il a envie de faire sur l’interface.

Désolé pour certains graphistes… mais un bon design en e-commerce c’est un design que l’on ne remarque même pas.

Exemple d’un storelocator

Exemple d’échange avec le responsable technique d’un gros site à propos d’un storelocator:

« En gros vous demandez d’ajouter des liens, une sorte d’annuaire ! Mais l’internaute ne veut pas de cela lui ! Il veut être géolocalisé directement, que tout s’affiche s’en se recharger, il ne veut pas cliquer, il ne veut pas de liens, il ne veut pas de carte etc etc. Ce que tu demandes est old school« .

Ma réponse : « OK, cela doit être pour cela que leboincoin est un échec et que personne ne les copie »

Fin de la réunion.

(Et oui, pendant que j’y suis. Dans le web, on dit tous storlocator. L’internaute moyen n’a aucune idée de ce que cela signifie mais on continue à le mettre partout sur les sites…)

Bref, je m’éloigne du sujet initial même si cela revient au même.

La mode dans le SEO

Il n’y a rien de pire.

Un projet SEO s’inscrit sur le long terme.

Un projet e-commerce s’inscrit sur le long terme.

Quasiment aucun business e-commerce n’est vraiment rentable avant 3 ans, j’entends par là, la capacité à sortir plusieurs salaires tout en pouvant continuer à acheter du stock et à investir en marketing.

On joue donc sur le long terme.

Inclure dans sa stratégie un sujet à la mode, mettre en priorité une nouveauté de Google… est rarement une bonne idée. Surtout si vous n’avez pas fait avant parfaitement tout le reste.

J’ai la chance d’intervenir aussi bien sur des sites énormes que pour des startups ou des e-commerçants qui débutent. C’est très stimulant intellectuellement.

Vraiment peu de ces projets sont au stade de s’intéresser à des sujets SEO dits « avancés » tels que les PBN, l’analyse de logs etc.

Peu de ces projets, ont le budget pour déjà faire les bases et en plus déployer des actions plus ambitieuses.

Pire, peu de mes interlocuteurs peuvent comprendre certains sujets SEO car ils ont d’autres choses à faire et que les priorités ne sont pas là.

Bien entendu, en tant que référenceur, qui ne fait que cela du matin au soir, tous ces sujets m’intéressent et me passionnent. Je me dois de les comprendre, de les maitriser.

Tous ces sujets peuvent permettre d’obtenir des résultats.

Toutefois, ils sont rarement la priorité d’une stratégie SEO et la plupart du temps ils ne servent à rien pour les clients dans leur contexte et au stade où ils en sont. Sans parler des questions de budgets. On ne peut pas tout faire.

En fait, le titre de cet article est faux, car je ne m’en fiche pas. Le titre devrait être : « PBN, TrustFlow, Position 0… : Vous devriez vous en foutre« .

Deuxième moment anecdote (je sais que vous aimez cela)

Sur un vieux projet, nous sommes la 3ème agence à intervenir. Le business du client en ligne ne décolle pas. Cela n’est pas grave pour lui, le business créé par son père tourne très bien offline.

On déchire tout. Le SEO devient le 1er canal de prospection & de chiffre d’affaires. Le client ne répond même plus à toutes les demandes de devis (60 devis par semaine et on parle de leads dans le domaine de la construction…).

Mon client commence à racheter d’autres boites afin de grossir et d’investir les fonds maintenant disponibles.

Il rachète une boite, plus grosse mais qui périclite et qui croule sous des investissements marketing assez importants (plus de 20K d’adwords par mois notamment). Cette boite a donc déjà une agence (adwords+référencement). On est cool, on ne se jette pas dessus, on explique au client qu’il peut travailler avec eux sans souci.

Mon client, qui ne connait rien au web commence à me demander des reportings avec des KPI de ouf, me demande si j’utilise tel outil pour avoir telle info etc. Je commence donc à passer du temps à lui sortir des chiffres inutiles au lieu de travailler son SEO tout en expliquant que cela ne lui sert à rien.

Puis il finit par nous virer malgré nos excellents résultats historiques. L’autre agence le brosse bien plus dans le sens du poil et parait bien plus compétente.

Il reviendra bien entendu quand il aura compris que finalement les 800€/jour en powerpoint… ba cela servait à rien et surtout n’apportait pas beaucoup de résultats.

// Fin anecdote

Les référenceurs aiment souvent confronter les optimisations, les facteurs… mais travailler dans l’ordre reste toujours le plus important. Bien entendu, cela n’est ni un discours sexy ni un discours très vendeur.

Je me souviens d’un prospect qui m’avait dit : « Aurélien, tu sais, tu ne vend pas du rêve et en plus tu es 2 fois plus cher que les autres mais on va travailler ensemble« .

Aujourd’hui, il est premier en SEO sur l’une des expressions les plus concurrentielles des internets.

Il n’est pas premier grâce à mon travail. Il est premier parce qu’il a travaillé dans l’ordre et qu’il a vraiment beaucoup travaillé.

Cela n’est pas l’optimisation du moment qui vous rendra premier.

C’est votre acharnement, votre volume de travail, le respect constant des bases et in fine car il faut bien l’avouer, la pertinence de votre contenu ou l’adéquation de votre offre avec les attentes des internautes.

Je vais même aller plus loin.

Sur de nombreux projets, je me fiche totalement du netlinking. Oui je n’ai pas honte de l’écrire.

Les grosses mises à jour de Google se succèdent et je n’ai presque plus besoin de (vous me pardonnerez l’expression) serrer les fesses. Cela ne me fait ni-chaud ni froid. La plupart du temps, les sites ne bougent pas ou montent.

Mais s’il vous plait, ne lisez pas cet article de travers. Je ne dis pas que le netlinking n’est pas important c’est même souvent le critère le plus puissant pour influencer les pages de résultats sur des mots clés concurrentiels. Toutefois c’est aussi le plus risqué et pas forcément ce qui apporte le meilleur ROI

Je reviendrai sur le netlinking dans un autre article car j’ai encore un super exemple qui vient d’arriver dans ma boite email. On me traitera de girouette mais qu’importe.

Voila, tout cela pour dire que l’on peut faire du bon SEO, obtenir d’excellents résultats sans avoir un PBN, sans jamais regarder le trustflow ou je ne sais quel indicateur ou bien encore se soucier d’une fausse nouveauté momentanée dans les SERP.

Certains sujets reviennent de manière cyclique en SEO. On change le nom et on re-markete le concept. Après il est possible de tenir une année sur le sujet.

C’est un process classique pour les marketeurs aussi bien incompétents que compétents, vendeurs de rêves, de pioches et de pelles.

Des exemples ?

  • Web 2.0
  • Curateur
  • Story Telling
  • Marketing automation
  • Génération X,Y,Z
  • Content Marketing / Brand Content
  • Big data ou juste le mot Data à lui tout seul

Si j’applique au SEO, on peut comparer grossièrement les PBN aux fermes de liens puis au réseau de communiqués de presse, la position 0 à certaines « Answer Boxes », TrustFlow au pageRank.

Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme disait Lavoisier.

Bien entendu il y a des nuances, globalement on spamme de plus en plus qualitativement 😀. Spammer prend plus de temps mais en prendra toujours moins que les méthodologies consistant à ne pas prendre les raccourcis.

Encore une fois n’allez pas voir une attaque envers les conférenciers ou blogueurs qui ont parlé de ces sujets dernièrement, c’est toujours intéressant, je les aime bien, certains sont des « amis » et sont certainement bien plus compétents que moi.

Je dis juste que cela n’est pas le plus important pour toi, lecteur, non professionnel du SEO, car c’est pour toi que j’écris afin de te vendre mes prestations bien sûr (Mouhaha).

A propos d'Aurélien Bardon

Aurélien Bardon est un passionné du web. Après avoir évolué en agence et chez l'annonceur, il lance Oseox.fr en 2008 et fonde en 2009 l'agence Aseox.

Outil Referencement d'Oseox Monitoring